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Royal à peine désignée, la présidentielle commence sur la blogosphère

samedi 18 novembre 2006


A peine désignée candidate socialiste, Ségolène Royal était vendredi sur internet en butte aux attaques, directes ou non, de la droite, tandis que ses troupes préparaient la riposte.Apparu quelques minutes après la proclamation de la victoire de la députée des Deux-Sèvres, www.segostop.com, lancé par "des militants, dont certains adhérents dans les partis de droite et du centre", choisit l’humour pour dézinguer la candidate PS.Un questionnaire en onze points permet à l’internaute de savoir s’il souffre de "ségolite", car "pour se soigner il faut d’abord être conscient de sa maladie et l’accepter", avertit le site.

L’UMP poursuit de son côté sa stratégie d’occupation maximale de la toile en achetant des liens commerciaux. A commencer par le moteur de recherche Google, où une recherche du mot "segolene royal" faisait apparaître vendredi, en haut de page, un lien vers le site (http://blog-ump.typepad.fr) racontant un épisode, où, selon ce blog, "Ségolène perd ses nerfs". Enfin vendredi soir se lançait www.paslesroyal.com, un site virulent lancé "en partenariat avec l’UNI", l’organisation étudiante proche de l’UMP.Le Parti socialiste compte bien répliquer, en lançant "dans quelques jours" une nouvelle version de son site (www.parti-socialiste.fr) "qui va proposer beaucoup de liens vers la blogosphère socialiste", explique Julien Bézille, chef de projets internet au PS.

Les grands partis ont promis de se plier aux recommandations du Forum des droits sur internet, qui interdisent les liens commerciaux à partir du 1er janvier. Mais la campagne interne socialiste et la mise en ligne anonyme d’une vidéo de Ségolène Royal sur les 35H dans les collèges ont échaudé les responsables du PS."Il existe sur le site de l’Ina (Institut national de l’audiovisuel) des centaines d’heures de séquences télévisées. On peut en faire des copier-coller, voire des montages, car on n’est pas à l’abri d’une intoxication sur internet", prévient Vincent Feltesse, secrétaire national adjoint du PS.

L’approche de la campagne présidentielle passionne de plus en plus sur la Toile, même si les instruments de mesure sur internet demeurent bien parcellaires. Ségolène Royal se classait ainsi en 13ème position vendredi en fin de journée parmi les noms les plus recherchés, selon le moteur de recherche mondial Technorati.Le champ de bataille numérique est vaste : le fameux "buzz", l’opinion sur le net, se fait de moins en moins sur les sites en vue des candidats, et de plus en plus chez les bloggeurs indépendants.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, nombre de ces internautes ont posté en temps réel les résultats de leurs cellules, fédérations, etc, "suscitant un véritable phénomène d’agence de presse sur les blogs", estime Sylvain Lapoix, qui suit la campagne politique sur le net à l’Institut de pratique du journalisme où il étudie.Puis ont suivi les commentaires. Après avoir donné dès 22h26 les résultats de Niort, le jeune militant PS "Fraise des bois" (http://mamilitance.blog.lemonde.fr) s’abandonnait vendredi à son spleen en dénonçant "un parti kleenex" qui aurait cédé à "l’opiniomanie".