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A dix-neuf jours du premier tour, elle se lâche et pète les plombs
mercredi, 4 avril 2007

Marie-Ségolène Royal voulait faire de la politique autrement. De la politique "à la façon nouvelle", celle qui permettrait de tirer le (la) politique vers le haut. Même sans être convaincante - c’est le moins que l’on puisse dire - elle avait d’ailleurs tenté de longues et abracadabrantesques explications.

Mais hier soir sur Canal Plus, dans l’émission de Denisot, elle craque. Elle pète littéralement les plombs. Souvenez-vous, Ségolène Royal s’était défendue de toute attaque personnelle contre ses adversaires. Dans ses meetings, elle empêchait même ses partisans de huer leur nom. « Pas de hou ! dans nos réunions », leur disait-elle. Mais les sondages étant ce qu’ils sont, le ton, hier soir, change brutalement. Sur Canal Plus, Marie-Ségolène Royal n’hésite pas à traiter Nicolas Sarkozy de « menteur ».

A présent, Marie-Ségolène Royal met en garde, remet les paroles de Nicolas Sarkozy et de certains journalistes en doute. Et essaie de semer le doute. Ségolène Royal, qui tenait elle-même le point de presse quotidien de campagne pour la première fois, s’était insurgée contre les déclarations du candidat UMP. Quand Nicolas Sarkozy l’accuse d’être « du côté des fraudeurs » après les incidents violents de la gare du Nord, elle considère que c’est « une insulte ». « Je ne me laisse pas insulter. Il perd son sang-froid. Ce n’est pas une bonne façon de faire de la politique », affirme-t-elle, avant d’ajouter, tel un arbitre qui menace du carton rouge après en avoir décerné un jaune : « Une fois, ça va, mais il ne faut pas qu’il y revienne. »

Et sur Canal Plus, le soir, elle joue des coudes : « Je lui ai donné un avertissement », affirme-t-elle. « Il faut échanger des arguments de fond (sic). J’observe qu’il a retenu la leçon que je lui ai donnée », assure-t-elle. Mais, entre-temps, Nicolas Sarkozy a réagi à ses propos du matin et lui reproche de l’avoir « traité d’ignoble ». Royal, qui vient de prendre connaissance de la déclaration de Sarkozy, dégaine : « Je n’ai jamais tenu de tels propos. »

Le serpent se mordrait-il la queue ?

Le mot « ignoble », affirme-t-elle, ne s’appliquait pas à Nicolas Sarkozy, mais à sa proposition de créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Donc, conclut-elle, « Monsieur Sarkozy a menti et un menteur est-il apte à devenir président de la République ? Je le dis très clairement. »

Les « éléphants » sont déjà réduits au silence. Dans les meetings, les élus ont trois minutes pour s’exprimer. Et la candidate, qui laissait d’ordinaire à ses porte-parole le soin de tenir le point de presse quotidien de campagne, a l’intention de s’y investir. « Chaque fois que je ne serai pas en déplacement, je tiendrai personnellement le point de presse quotidien. Je recadrerai la cohérence de l’action », a-t-elle expliqué lors de sa première prestation à ce rendez-vous.

Ségolène Royal a-t-elle changé ? Ou bien continue-t-elle simplement à offrir aux français une découverte en profondeur de sa personnalité pour le moins controversée ?

Quand un train déraille, il s’arrête aussitôt. Pas Ségolène Royal.

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