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Extrait de "votre devoir est de vous taire", livre d’Alain Etchegoyen
lundi, 23 avril 2007

Alain Etchegoyen, normalien, agrégé de philosophie, fut conseiller de Claude Allègre et de Ségolène Royal.

Claude Allègre appelle Alain Etchegoyen pour lui proposer de devenir conseiller à son cabinet, voici un extrait de leur conversation :

-  Je vous préviens, on a Ségolène dans les pattes, ça va pas être triste. Elle voulait le perchoir contre Fabius, les socialistes l’ont dédommagée, je n’ai rien pu faire.
-  Je ne la connais pas.
-  Vous apprendrez…Enfin, on se débrouillera quand même ! Elle s’occupera des enfants, faudra éviter ses conneries.

Claude Allègre est doté d’un réel courage. Dès son arrivée au ministère, il a engagé une bataille très vigoureuse contre la présence de pédophiles dans les établissements scolaires, résolution attribuée à tort à Ségolène Royal. C’est incontestablement à Claude Allègre que l’on doit, dans notre pays, la fin de l’omerta sur la pédophilie.

Sa consécration dans les sondages et sa stratégie présidentielle me laissent très perplexe. A maints écrits et déclarations, je crois reconnaître la femme que j’ai croisée sous Jospin ; une expérience qui restera parmi les deux ou trois plus décevantes et plus pénibles que j’ai faites dans le monde politique.

Il faut dire que j’ai démissionné du cabinet de Claude Allègre…, en écrivant une lettre peu diplomatique : j’y fondais ma démission sur « les comportements et mœurs insupportables de Mme Royal ».

Au sujet des enseignants pédophiles
Sa naïveté me surprit, mais certaines ignorances suscitent la compassion plutôt que la critique acerbe. Je lui opposai une objection qui la fit rougir jusqu’aux oreilles et lui évitai ainsi une prestation honteuse.

Claude Allègre et Ségolène Royal formaient le couple ministériel le plus absurde qu’on pût imaginer. Le premier bouillonnait d’idées, la seconde frissonnait d’images.

Au sujet de l’éducation et de la citoyenneté
Dans l’un et l’autre cas, au tout dernier moment, je devais faire face au caprice de la ministre. Elle n’avait pas suivi les dossiers, pas lu les notes concernant son avancement, n’avait jamais donné un avis. Au terme du travail, elle sentait une annonce lui échapper, un contenu difficile à défendre. Alors, elle affectait de se fier à « intuition féminine ».

J’ai toujours eu du mal à aborder les questions de fond avec Ségolène Royal, qui ne pensait qu’à faire des coups.

Ségolène Royal est véritablement parasitée par les questions d’image qui l’obsèdent. Bien plus qu’une véritable affliction à l’évocation des méfaits qu’elle dénonçait, je sentais chez elle le frémissement d’une jouissance profonde.

On la dit très pudibonde. C’est vrai. Hervé Bourges prenait un malin plaisir à m’adresser copie des lettres manuscrites que lui expédiait au CSA la ministre à propos des films programmés à la télévision…dont il avait malicieusement souligné les fautes d’orthographe.

Ségolène est aussi très soupe au lait. Elle s’emporte brutalement si elle est contrariée. Et elle n’a aucun humour.

A l’occasion d’un rendez-vous avec Raymond Lévy, ex PDG de Renault, au ministère
Il m’entraîna dans la vaste antichambre située entre les deux plus beaux bureaux du ministère. Il connaissait cers lieux par cœur… Il me désigna un de ces globes terrestres mobiles, enserré dans un cube monumental…
-  Regardez la France !
J’obtempérai. La France n’occupait sur ce globe que quelques centimètres carrés.
-  Oui, je la vois !
-  Eh bien, vous ne remarquez rien ?
Je restai silencieux.
-  Lisez les noms des villes !
Je lus :
-  Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux et… Latché !
-  Vous voyez bien que nous sommes dans une république bananière ! Votre Mme Royal a été élevée au château, non ?

Blog, amélioration physique, retenue verbale, déplacement dans les régions, occupation médiatique, choix de sujets marginaux : tout est organisé pour peaufiner son image.

« La mayonnaise prend », dit-on de plus en plus. Je suis convaincu qu’elle tournera avant les échéances décisives.

Ségolène Royal joue sans cesse son rôle de « maman », de mater familias, et s’exhibe sans retenue.

Alain Etchegoyen annonce sa démission à Claude Allègre
-  Alain, je le sais bien, elle a encore fait une connerie, mais que voulez-vous, avec Hollande à ses côtés, je ne peux pas tout le temps la contredire !
Allègre avait pris son air rigolard. Il lâcha quelques saillies sur les différends privés entre Ségolène et François, qui obligeaient ce dernier à tout lui céder sur le terrain politique.