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" Bravitude "
Art de créer des mots que personne ne comprend
lundi, 8 janvier 2007

« Comme le disent les Chinois, qui n’est pas venu sur la grande muraille n’est pas un brave. Qui va sur la grande muraille conquiert la bravitude. » (Ségolène Royal en visite en Chine le 7 janvier 2007). Elle l’a fait ! Désormais la candidate officielle du PS utilisera son propre langage. La langue de Molière ? Trop ringard, limite de droite. Avec son propre vocabulaire, aucun risque que quelqu’un comprenne ce qu’elle veut dire, ou pire, que l’on voie qu’elle n’ait pas d’idée.

Ségolène c’est un peu l’originalité quand on ne l’attend pas. Un certain nombre de Chinois auraient pu lui présenter leurs condoléances.. Visionnaires ces Chinois ? Pas du tout, simplement observateurs, car comment ne pas remarquer cet habit blanc qui recouvre Ségolène Royal de la tête aux pieds ? Très joli me direz-vous. Seulement en Chine, pays de traditions, le blanc est la couleur assimilé au deuil. Un comportement de plus qui nous permet de la couronner une nouvelle fois Reine de la gaffe, notre Marie-Ségolène Royal !

Vous pouvez retrouver un extrait du voyage en vidéo grâce à l’équipe de culturalgangbang :


PetitDragon
envoyé par Culturalgangbang

Ce qu’en pensent les puristes :

La « bravitude » selon des linguistes

Comme le disent les Chinois, qui « n’est pas venu sur la Grande Muraille n’est pas un brave », lançait samedi, du haut de la muraille de Chine, Ségolène Royal. « Qui va sur la grande muraille conquiert la bravitude », ajoutait-elle bizarrement, là où bravoure aurait pu suffire.

Ainsi, Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’université de Paris-V, voit là une « dérivation abusive et inutile à partir de l’adjectif brave ». « De la part de quelqu’un qui se veut proche des gens, le fait d’utiliser cette pédanterie est plutôt surprenante, car elle n’apporte rien », observe ce linguiste.

Qui ne donne pas « trois jours à bravitude pour disparaître ». Jugeant l’événement « dérisoire » au plan linguistique, Bentolila ne voit là aucune créativité, mais plutôt un tour de passe-passe. « Quand le fond manque, la forme, même abusive et éphémère, compense », analyse-t-il.

La perplexité d’Alain Rey

Alain Rey, le directeur du Petit Robert, affirme avoir été « étonné et amusé » d’entendre ce nouveau terme. Etonné car « c’est de la fabrication de mot. Ce n’est pas interdit, mais c’est rare en français ». Amusé car « ce n’est pas bien formé : le mot brave est d’origine italienne, tandis que le suffixe itude vient du latin. Pour un puriste de l’Académie
française, bravitude est un barbarisme ». Jugeant lui aussi le mot « pédant » et « un peu pompeux » dans la forme, Rey n’est pas loin de le trouver inapproprié dans le fond. « Ce proverbe, les Chinois le disent à tous ceux qui s’apprêtent à monter sur la
Grande Muraille, souligne-t-il. Mais quand on monte en téléphérique, comme c’est le cas désormais, il n’y a plus beaucoup de bravitude… »

Explication de texte par Jack Lang :


Exégèse
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